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Table des matières (mise à jour
janvier 2008):
Tangos ecclésiastiques
Cocoricorgue
Suite pour Souvigny
Guy
Bovet: 12 tangos
ecclesiasticos
Tango de primer tono, canonigo,
sobre el Ave Maris Stella
Tango de
segundo tono, para tocar con las manos
Tango de segundo tono, para los bárbaros teutonicos que
pisan la música con los piés
Tango de tercer tono proibido,
dicho de la Princesa
Tango de cuarto tono de falsas,
« per l’Elevazione »
Tango de quinto tono, de mano
izquierda
Tango de sexto tono, de batalla
Tango de setimo tono a modo de
Habanera
Tango de octavo tono, sobre el Veni Creator
Tango de medio registro de tiple
de noveno tono menor, de Polonia
Tango de decimo tono, conmixto con primero,
dicho del Gato
Tango de undecimo tono a modo de
Bossanova
Tango de dozeno tono « el tango de los tangos »
Le texte qui suit peut être imprimé
dans les programmes
Le
projet de cette œuvre bizarre était d’écrire un Tango pour orgue dans chaque
ton ecclésiastique. Bien que ces pièces soient de la musique de concert,
presque tous ces Tangos peuvent se jouer sur des instruments historiques, sans
pédalier et avec un clavier à octave courte de 4 octaves seulement. J’ai tenté
ainsi de créer un peu de musique que l’on puisse jouer aussi sur des
instruments aux possibilités restreintes.
Tous
ces Tangos ont une référence à un répertoire ecclésiastique, se rapportant
avant tout aux Tientos espagnols (d’où les titres dans cette langue). Le
mélange du style religieux et du Tango est intéressant et subtil, et le
contraste entre les deux extrêmes danse/musique religieuse excite la curiosité.
Pourtant, cet équivoque a toujours existé, autant dans le répertoire choral
(messes médiévales sur des thèmes populaires) que dans celui de l’orgue
(partitas sur des chorals dans le style des danses chez Buxtehude et le jeune Bach,
ou pièces liturgiques du baroque français; Passacailles, etc., etc.
Voici
la liste des Tangos, avec quelques commentaires :
Tango
primero de 1° tono, canonigo, sobre el Ave Maris Stella. - Jeu de mot entre
«canonico» et «canonigo» (en
canon/chanoine); la pièce est effectivement en canon strict à la quinte et le thème grégorien se
trouve à la basse.
Tango segundo
de 2° tono, para los barbaros teutonicos que pisan la música con lospiés (pour les barbares
teutoniques qui foulent la musique aux pieds). - Le seul tango pour orgue
moderne, écrit pour pédale solo, avec un clavier de pédale complet chromatique du Do au Fa. Il
faut savoir que les orgues latins (français, espagnols et italiens) n’ont qu’un
pédalier relativement rudimentaire ne permettant pas les prouesses
« pédestres ».
Tango de
segundo tono para tocar con las manos. – Version « manuelle » du précédent,
qui fait que ces 12 Tangos sont en réalité 13 !
Tango de
tercer tono proibido, dicho de la Princesa. – Le troisième ton, qui
commence par un semiton (mi/fa) a été longtemps interdit en Espagne à cause de
sa ressemblance avec les modes arabes. L’ironie du sort a voulu que ce mode,
introduit dans la musique savante par Scarlatti, est devenu le mode espagnol
par excellence, pratiqué obligatoirement dans le flamenco et dans maintes
pièces inspirées par la musique de guitare. L’allusion à une Princesse
orientale vient du fait que l’Orient était considéré à l’époque comme le lieu
de toutes les débauches, alors qu’aujourd’hui, les Musulmans tendraient plutôt
à en dire autant de notre civilisation occidentale…
Tango de
cuarto tono de falsas «per l’Elevazione».- Mélange du style du tango et de la Toccata
italienne pour l’Elevation : une des pièces les plus troublantes de la
suite à cause de l’extrême opposition des deux styles. Comme le Tiento de
falsas espagnol, la Toccata pour l’Elévation utilise des dissonances savamment
attaquées et résolues, qui doivent « imiter en jouant les âpres
souffrances du Christ sur la croix », comme l’explique entre autres Girolamo
Diruta, un des importants théoriciens vénitiens du 16ème siècle.
Tango de
quinto tono, para la mano izquierda (pour la main gauche) – Un jeu de solo caractéristique joue la mélodie à la basse,
accompagné par des accords à la main droite : une formule extrêmement
prisée par les compositeurs espagnols.
Tango de sexto
tono de batalla.- Sur le modèle des Batallas espagnoles, pièces évoquant le combat entre
le Bien et le Mal à grand renfort de sonneries de trompettes.
Tango de
setimo tono a modo de Habanera, con aparición milagrosa del celebre J.-S. Bach
– Sur le
rythme caractéristique de la habanera, avec au centre une citation de Bach. La
préface explique que si la présence du Cantor de Leipzig à La Havane peut
sembler incongrue, celle du Saint Père Jean-Paul II n’est pas moins
surprenante.
Tango de
octavo tono, sobre el Veni Creator – Sur l’hymne grégorienne de Pentecôte, ce Tango est
dédié au pasteur François Jacot, qui vient de prendre sa retraite de la
paroisse de la Collégiale.
Tango
de medio registro de tiple de noveno tono, de Polonia.- Pour un jeu de solo
sur clavier coupé ou à deux
claviers. La mention «de Polonia» fait référence à une brève citation de Chopin: cette pièce a
été composée en Pologne.
Tango de
decimo tono dicho del Gato (dit « du Chat ») – Cette pièce fut écrite à la mémoire de la
regrettée Madame Platini, chatte bien-aimée de Don Aldo Lanini, curé de
Magadino et de Carasso au Tessin, inspirateur de nombreuses orgues neuves au
Tessin, grand ami de Monseigneur Amédée Grab et fondateur du fameux festival de
Magadino, disparue lors d’un voyage à Bâle. Elle imite les miaulements des
chats et leurs subites folies, lorsqu’ils courent nuitamment dans les maisons.
Tango de
undecimo tono, a modo de bossanova.- Utilise le fameux rythme 3+3+2 que l’on trouve
fréquemment dans les compositions espagnoles du 17ème siècle.
Tango de
dozeno tono, de todos los Santos : el Tango de los Tangos – La plus développée de toutes
les pièces de cette suite, utilisant toute la force de l’orgue, sur le rythme
caractéristique qui lie la dernière croche de chaque mesure au premier temps de
la suivante.
ATTENTION : Le texte qui
suit est dit lors du concert. Il n'est en aucun cas destinée à la publication
et ne doit pas être imprimé sur les programmes: il faut laisser au public la
surprise.
Icy va s'ouvrir un Livre de 12 (mais en vérité 13) Tangos
ecclésiastiques, ce qui veut dire que lesdits Tangos appartiennent à la saincte
musique d’Eglise. Les connoisseurs du Tango diront que cette musique n’appartient
point au Tango, car elle est musique d’Eglise, et ils diront vrai. Les gens
d’Eglise diront que cette musique n'est nullement une musique d'Eglise, car elle est
Tango, et eux aussi diront vrai. Il en résulte donc, et il est par là dûment et
véridiquement établi, que ce Livre se compose de Tangos ecclésiastiques, lesquels
peuvent être joués et célébrés à l’Eglise sur toutes sortes de grandes et
petites Orgues.
Lesdits Tangos sont composés dans l’ordre des 12 Tons de
l’Eglise. Bien qu'il s'agisse d'une musique nouvelle, ces Tangos appartiennent
à la Musique Ancienne, car l’Organiste n’est point tenu de jouer
tout ce qui se trouve dans la partition. Par contre, il devra reconnaître et
jouer tout ce qui ne s’y trouve point écrit : c’est ainsi que l’on reconnaît la
différence entre un vrai artiste magicien, et un piqueur de touches ordinaire.
I
Tango du Premier Ton sur l’Hymne Ave Maris Stella à la
Saincte Vierge Marie. Ce Tango du premier Ton est deux fois canonique, car du
début à la fin, il est traicté canoniquement, c'est-à-dire en Canon ; et il est dédié à tous les
Chanoines Organistes qui touchent l’Orgue dans l’Eglise Romaine, et ils sont
fort magnifiques et fort nombreux, ce dont Dieu soit loué.
II
Tango du Second Ton, dont il existe deux versions, l’une
pour être jouée sur des Orgues chrétiennes que l’on touche avec les mains,
comme on le fait dans les pays Latins, l’autre à l’intention des Barbares
teutoniques lesquels foulent la Musique aux pieds sur leurs Pédaliers ; de
sorte que l’on ouïra cette Pièce deux fois, l’une manualiter et l’autre pedaliter,
et c’est pourquoi ces Tangos sont treize et non point douze dans ce Livre.
III
Tango du Troisième Ton, appelé Tonus scandalosus, car
il commence par un semi-ton comme la musique des Mahométans et Arabes, et dans
ledit Ton la cadence parfaite n’est point faisable, car elle contient le diabolus
in musica. Ce ton servait dans les pays des 1001 Nuits à accompagner
les danses de Princesses fort légèrement voilées et c’est pourquoi ce Tango fut
nommé Tango de la Princesse et dédié à une certaine Princesse de l’Orient
proche, et qu’il sied de le toucher avec une certaine nostalgie. L'Auteur avertit
que lesdites danses du ventre causaient en ces temps lointains grand scandale
dans les pays chrétiens de l'Occident, alors qu'à notre époque, les Mahométans
voilent leurs filles et leurs épouses de la tête aux pieds, tandis que les jeunes
femmes chrétiennent se pavanent dans les rues le ventre dénudé, ce qui montre
que les temps ont hélas fort changé.
IV
Tango du Quatrième Ton, pour l’Elévation, dans lequel seuls
les connoisseurs les plus avertis sauront reconnaître les traces du Tango. Les
Ytaliens descrivent ce 4ème Ton comme douloureux et contrit, le
remplissent des plus dures dissonances, et en accompagnent le moment le plus
solennel de la Saincte Messe, dans lequel nous faisons mémoire des amères
souffrances de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la Croix. Ce Tango doit donc
être écouté avec le plus grand recueillement.
V
Tango du Cinquième Ton, dans lequel à la manière des
Espagnols un registre spécial de la main gauche se fait entendre. Ledit
registre peut avoir une sonorité rugueuse et doit être touché avec décision,
afin de réjouir les auditeurs par son agilité. Ce son rauque doit nous rappeler
que quelles que soient nos actions, Satan nous accompagne pas à pas, et nous
guette chaque jour de notre vie.
VI
Tango du Sixième Ton, pour toutes sortes de Registres de
Trompette, dans le goût des Batailles espagnoles, ainsi que des Pasos dobles,
lesquels retentissent dans l’arène au moment où apparaît le taureau. Comme
l'Auteur connaît un grand nombre de Généraux et autres capitaines de guerre,
lesquels en plus de leur art du combat, savent toucher avec bonheur le Roi des
Instruments, le présent Tango leur est dédié, et ils devront y faire valoir
leur Art de la Stratégie dans le Domaine de la Registration. Ces pièces de
Musique sont une représentation de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal.
VII
Tango du Septième Ton dans le goût de la Habanera, danse qui
fut inventée dans la ville de La Havane sur l'Île de Cuba, avec une apparition
miraculeuse du célèbre Johann Sebastian Bach dans la partie centrale de la
pièce. L’on ne s’étonnera point trop de ce que ledit Johann Sebastian pût bien
avoir à faire dans cette partie éloignée du Monde, car Sa Saincteté Jean Paul
II pontifex maximus, lequel n’étoit point non plus, à ce que l’on sache,
un grand ami du Lider Maximo, n’a pas craint d’entreprendre un voyage à
La Havane, ce que considérant, il n’est guère étonnant que Johann Sebastian
Bach y soit également apparu.
VIII
Tango du Huictième Ton, sur l’Hymne du Veni Creator,
au Sainct Esprit. A la fin dudit Tango, la Musique passe en l’espace de trois
mesures par tous les 12 tons: c’est ainsi que le Sainct Esprit doit se répandre
dans le monde entier. Sic
difundetur Spiritus Sanctus per orbem terrae. Qu'il
daigne de même aussi se répandre dans vos âmes. Amen.
IX
Tango du Neuvième Ton, dans lequel la main droite de
l’Organiste doit toucher sur un registre spécial, et lequel est nommé
« Tango de Pologne », car il fut composé en ces lointains royaumes.
L’on reconnaîtra dans ce Tango quelques tournures de Frédéric Chopin,
qui comme feu le Sainct Père Jean-Paul II, provient de terre polonaise. Ledit Tango fut aussi
faict afin d’indisposer, tout en les éduquant, les joueurs d’orgue de Hollande
(que le Seigneur les bénisse et les protège en toute éternité), car ils ont
l’habitude de s’asseoir sur toutes les premières notes de chaque groupe de
quatre lorsqu’ils touchent de l’Orgue, ce qui est une grande disgrâce, et cette manière est impraticable dans
le présent Tango, qui est composé en groupes de 5, 6 et 7 notes afin de les
en empêcher..
X
Tango du Dixième Ton, nommé Tango du Chat, en mémoire de la
très déplorée chatte de Mgr. Aldo Lanini, ordinaire des paroisses de Magadino
et de Carasso et recteur du Collège papal de Locarno, laquelle chatte estoit
appelée Madame Platini, et ne rentra point à la Cure après une certaine
promenade du soir qui lui fut sans doute fatale. Ladite chatte, dont la beauté
restera inégalée dans toute l’Eglise Catholique, avait durant les nuits de lune,
des accès de folie qui lui faisaient parcourir
les escaliers et les couloirs de la Curie avec une grande
et remarquable célérité, en poussant des miaulements particulièrement
mélodieux ; et tout ceci pourra être entendu dans ce dixième Tango. L'Auteur
avertit que si les chats ecclésiastiques peuvent être sujets à de tels accès
de folie, il n'est point étonnant que d'autres dignitaires de l'Eglise tels
que les évêques, les prêtres et les pasteurs n'en soient pas toujours épargnés.
XI
Tango du Onzième ton dans le goût de la Bossa Nova, genre
fort en faveur dans l’ancien vice-royaume du Brésil, où de célèbres facteurs
d’orgues tels le fameux Schnitger et le non moins fameux Cavaillé-Coll
construisirent des Orgues, ce dont Dieu soit loué ; et dans les
Orgues de la cathédrale de Salvador de Bahia il arriva qu'un puissant serpent appelé Boa
Constrictor élut domicile, ce
que l’on entendra dans ledit Tango, et il protégeait l'Orgue en se nourrissant
des rats et souris; de même, Monseigneur l'Evêque protégeait ledit Boa
et empêchait que l'on lui fit le moindre mal.
XII
Tango du Douzième Ton, pour la Fête de la Toussaint, lequel
se doit toucher sur tous les Registres de l’Orgue, et appelé le Tango des
Tangos.
Avec ce douzième Tango se referme le Livre des Tangos
ecclésiastiques. Portez-vous bien, priez, et travaillez : Valete, orate et
laborate, et que Dieu vous protège jusqu’à la fin de votre vie. Ainsi
soict-il.
L’Histoire
de Cocoricorgue
Guy Bovet, rév 2001
Cliché
01
Avant de commencer notre histoire, je m’en
vais vous présenter Cocoricorgue.
Comme vous voyez, Cocoricorgue a des ailes,
comme un oiseau, et avec ces ailes, il peut voler partout, très très vite. Si
vite qu’il peut presque se trouver à deux endroits différents en même temps, et
ça, vous allez voir que c’est très commode.
Cocoricorgue a aussi un nez (un nez un peu
rouge !) et deux grands yeux. Sur sa tête, il y a une espèce de couronne,
et si vous regardez très bien, vous verrez que cette couronne est faite de
petits tuyaux d’orgue. C’est avec ces petits tuyaux que Cocoricorgue siffle sa
petite mélodie. Vous allez entendre cette mélodie pendant toute l’histoire.
Et puis, Cocoricorgue a une belle queue,
toute rouge et jaune : ça n’est pas seulement pour faire joli. Sa queue
l’aide aussi à se diriger quand il vole, et elle le protège du soleil et de la
pluie.
Avec ses ailes, sa queue, et sa couronne,
Cocoricorgue ressemble à un oiseau qui aurait un petit orgue sur la tête.
Cocoricorgue est très aimable et il a plein de bonnes idées, comme vous allez
voir et entendre.
Voici donc l’histoire de Cocoricorgue :
Cliché 02
Il était une fois, en Grèce, il y a très
longtemps, un dieu très gras et très farceur qui s’appelait Pan. Il était
vraiment très très gras et très très farceur. Son passe-temps préféré était de
faire peur aux gens et aussi aux animaux en leur sautant dessus depuis derrière
des buissons. Il ne leur faisait pas de mal, mais ça marchait toujours parce
qu’il était aussi très très vilain à regarder. Il était moitié comme une
personne, et moitié comme une chèvre, et en plus, il sentait mauvais, alors
tout le monde s’en allait en courant, et ça l’amusait beaucoup.
Un jour, Pan se reposait sous un arbre au
bord d’une rivière, et tout à coup, il a entendu la petite mélodie de
Cocoricorgue.
Alors il s’est dit : « Comme c’est
joli, çà ! J’aimerais bien aussi pouvoir faire une musique aussi
jolie ». Et il s’est mis à couper des tiges de roseaux pour s’en fabriquer
des flûtes.
Cliché
03
Mais comme les roseaux poussent dans l’eau,
ça n’était pas toujours facile de les attraper, et ce qui devait arriver
arriva : PLOUF, il est tombé dans l’eau, en faisant très peur aux canards.
Finalement, il avait quand même assez de
flûtes, et il les a attachées ensemble pour souffler dedans. Les longues flûtes
faisaient des notes basses, et les flûtes courtes faisaient des notes hautes.
Cliché 04
Pan avait tellement de plaisir à faire de la
musique qu’il s’est mis à faire des duos avec Cocoricorgue. Et plus personne
n’avait peur de lui. Alors, de temps en temps, il faisait un très vilain bruit
pour faire juste une petite frousse à ceux qui venaient l’écouter jouer de son
instrument.
Et cet instrument a été appelé flûte de Pan
en souvenir du vilain, gras et farceur dieu Pan.
Cliché
05
Dans la même région, il y avait aussi un
vieux savant qui s’appelait Ktésibios d’Alexandrie, et il aimait beaucoup aller
écouter jouer Pan et Cocoricorgue. Un jour, Cocoricorgue lui a murmuré à
l’oreille : « Tu crois que tu pourrais construire une très grosse
flûte de Pan ? Une énorme ? »
Ca a fait beaucoup réfléchir Ktésibios.
Alors, il s’est mis à la recherche de roseaux assez grands pour faire cette
super-flûte de Pan, mais il n’en trouvait pas d’assez grands, ou bien, ils se
cassaient. Alors, il a fabriqué des tubes en métal, et comme ils étaient très
lourds, il a dû les installer sur un cadre très solide.
Cliché 06
Quand tout a été fini, Ktésibios a voulu
essayer de jouer comme Pan. Il s’éreintait à souffler dans ses tubes, mais ils
étaient tellement grands que Ktésibios n’avait pas assez de force, et pas assez
d’air dans ses poumons. Pas moyen d’en faire sortir le moindre son ! Il
aurait fallu au moins un éléphant.
Cliché 07
Alors, il a fallu inventer une machine pour
pomper l’air dans les tubes. La machine de Ktésibios marchait avec de l’eau, et
même si elle était très ingénieuse, il fallait un tas d’eau pour la faire
aller. Et surtout, elle était horriblement lourde. Mais il s’est passé des
siècles avant qu’on invente un autre système. Ce nouveau système utilise des
soufflets en cuir. Souvent les soufflets étaient tellement grands qu’il fallait
plusieurs personnes pour les soulever.
Cliché
08
Il paraît qu’en Allemagne, il y avait un
orgue si grand qu’il fallait 70 personnes pour pomper l’air. Cocoricorgue s'amusait
beaucoup à regarder toutes ces machines qui grinçaient tellement qu'elles
faisaient souvent plus de bruit que l'orgue.
Cliché
09
On ne sait pas exactement comment Ktésibios
faisait pour fabriquer ses tubes, mais on sait comment on fait maintenant, et
je vais vous expliquer :
La partie pointue tout en bas du tuyau
s’appelle le pied.
Juste au-dessus du pied, il y a la partie qui
fait siffler le tuyau, qu’on appelle la bouche. En haut et en bas
de la bouche il y a les lèvres, et quand il y a des petits bouts de métal à
droite et à gauche, on les appelle les oreilles. Les facteurs
d’orgues font parfois des encoches dans les lèvres qu’on appelle des dents. Au-dessus de tout ça, il y a le tube qu’on appelle le corps, et de temps en temps, il y a encore un chapeau au-dessus du corps.
Si on dessinait un bonhomme avec la bouche
entre son corps et son pied, sans tête mais avec des oreilles, et ni bras, ni
jambes, cela ferait un drôle de bonhomme ! Regardez :
Cliché 10
Dans un orgue, il y a toutes sortes de tuyaux
différents, qui font tous un son différent. Je vais vous en montrer
quelques-uns :
Cliché
11
Voilà des tuyaux en bois qu’on appelle des Bourdons. Parfois, on les fait aussi en métal. Ils ont une sonorité douce et
floue, qui ressemble un peu au bruit que font les bourdons quand ils volent.
Ils portent toujours un chapeau. (Naturellement, dans les vrais orgues, les
tuyaux n’ont pas de bras ni de jambes, comme on vous a déjà dit, et leurs
bouches ne font pas de sourires. Et surtout, ils n’ont pas d’yeux. Mais on en a
dessiné quand même parce que c’est plus joli, et aussi pour expliquer un peu la
musique qu’ils font.)
Sur l’image, vous voyez aussi des Flûtes. Les Flûtes sont grassouillettes, et elles font aussi une musique douce.
Il y en a des courtes et des longues. Quand elles sont très longues, elles font
des notes si basses qu’on ne les entend presque pas.
Cliché 12
Quand les tuyaux sont un peu plus maigres, on
les appelle des Montres ou des Principaux. On dit Montres
parce que ce sont eux qui se montrent dans le devant de l’orgue (alors que les
autres sont cachés derrière), ou Principaux, parce que c’est le jeu le plus
important de l’orgue, le jeu principal.
Quand ils sont très maigres, on les appelle
des Gambes. Les Gambes ont un son qui plaît beaucoup
aux vieilles dames, surtout quand elles sont mises avec la Voix Céleste. Ca veut dire, la voix du Ciel !
Cliché
13
Dans les orgues, il y a aussi des jeux qu’on
appelle des Trompettes, parce que leur son ressemble à celui des
vraies trompettes, et aussi leur forme ! Il appartiennent à une famille de
tuyaux qui s’appellent les jeux
d’anches, pas les hanches que les
gens ont en haut des jambes, mais des espèces de petite languettes de métal qui
vibrent dans le tuyau.
Cliché
14
Quand les trompettes sont très grosses, on les
appelle des Bombardes.
Cliché
15
Il y a aussi des jeux d’anches moins forts,
qui font penser au coin-coin des canards. On les appelle des hautbois, des clarinettes, ou des régales. Il y en a même
qu’on a appelé Voix Humaine, parce qu’on dirait un bébé qui pleure.
Tous ces tuyaux se sont mis a chanter, à
siffler et à couiner, chacun dans son petit coin. Alors Cocoricorgue s’est
dit : « On devrait les mettre tous ensemble ».
Mais voilà, pour ça, il fallait leur
construire une maison.
Cliché
16
La maison des tuyaux s’appelle le buffet d’orgue. Les plus beaux buffets sont faits en bois, avec de belles couleurs, et
même un peu d’or. (Ici, il y a du rouge, du bleu, et de l’or). Cocoricorgue
s’est donc mis à construire un beau buffet. Celui du dessin est blanc, avec
aussi un peu d’or.
C’était beaucoup de travail. Il a fallu scier
des planches, planter des clous et des vis, coller, faire des décorations, et
enfin, tout assembler. Heureusement que Cocoricorgue a des ailes, sinon il
aurait eu besoin d’une grande échelle.
Lorsque tout a été fini, Cocoricorgue s’est
mis en route pour aller chercher tous les tuyaux aux quatre coins du monde.
Cliché
17
Les Bourdons volaient partout, et il a fallu
que Cocoricorgue vole plus vite qu’eux pour tous les rattraper. Il leur a
ensuite raconté qu’il leur avait fait une belle maison, où ils pouvaient tous
habiter ensemble. Alors les Bourdons ont décidé d’aller loger dans le buffet.
Quand Cocoricorgue a trouvé les Flûtes, elles
étaient en train de rêver au clair de lune, et elles
Cliché
18
n’avaient pas du tout envie de suivre
Cocoricorgue. Alors Cocoricorgue a fait un petit courant d’air frais avec ses
ailes, jusqu’à ce que Madame Flûte finisse par avoir un peu froid et
dise : « Après tout, ce serait bien agréable d’aller dans un endroit
où on est au chaud ». Alors les Flûtes sont aussi allées habiter dans le
beau buffet.
(Continuer
lorsque la musique se met à imiter les oiseaux, et parler sur la musique)
Cliché
19
Les plus petites Flûtes étaient perchées dans
les arbres et elles s’amusaient à imiter les oiseaux. Mais quand elles en ont
eu assez de gazouiller, elles étaient toutes contentes d’aller dans la belle
maison.
(continuer lorsque la sonorité change)
Cliché
20
Les clarinettes, les régales et les autres
petits jeux d’anches s’amusaient avec les canards dans l’étang. Ils aimaient
beaucoup plonger dans l’eau et courir les uns après les autres. Ecoutez :
(continuer sur la note tenue)
Il y en avait qui s’étaient mis à garder les
moutons dans les prés, en leur jouant des mélodies de bergers et des ranz des
vaches.
Mais tout le monde a promis de rejoindre la
maison quand ils auraient fini de s’amuser.
(continuer en entendant les
tambours ; parler sur la musique)
Cliché
21
Les grosses Bombardes et les Trompettes
étaient en train d’organiser un grand cortège militaire, et elles faisaient
tellement de bruit qu’elles n’arrivaient presque pas à entendre Cocoricorgue.
Mais
Cliché
22
Les plus difficiles à trouver, c’était les
Gambes, parce qu’elles étaient dans les nuages en train de faire de la musique
pour les anges. Elles étaient aussi les plus difficiles à convaincre, parce que
les nuages, c’est douillet ! Mais Cocoricorgue s’est mis à souffler un peu
sur les nuages et ils ont commencé à disparaître. Alors les Gambes se sont dit
que c’était quand même un peu plus sûr d’être dans une bonne maison bien
solide, et finalement elles ont accepté de descendre.
(continuer lorsqu’il ne reste plus
qu’une seule note)
Ecoutez-les descendre :
(continuer lorsqu’il ne reste que la
note grave)
Cliché
23
Mais où étaient les Montres ??
Eh bien, elles étaient tout simplement allées
à l’église pour chanter des cantiques. Là, elles avaient fait la connaissance
d’un très beau jeu qui s’appelle le Cornet. Le Cornet a toujours 5 tuyaux qui vont
ensemble pour chaque note, comme les trois petits cochons ou les frères Dalton.
Ils sont inséparables.
Cliché
24
Et voilà. Cocoricorgue avait invité tout le
monde, et quand tous les tuyaux sont arrivés, il leur a indiqué leur place qui
était toute préparée.
Pour la fête, Cocoricorgue avait aussi invité
le vilain dieu Pan, et le vieux Ktésibios d’Alexandrie, et un hôte d’honneur
qui s’appelle M. Bach, et qui est très doué comme compositeur de fugues.
A un certain moment, Pan a commencé à lui
faire d’horribles grimaces, et Ktésibios était horrifié ! M. Bach avait
composé une fugue exprès pour l’occasion, et il s’est mis à expliquer à tout le
monde comment il fallait la jouer.
Ce n’est pas facile du tout de jouer les
fugues de M. Bach. Ce jour-là, c’est M. Bach lui-même qui jouait sa fugue, mais
aujourd’hui c’est M. Bovet qui va vous la jouer, et il lui a fallu très
longtemps pour l’apprendre, surtout tout ce qu’il faut jouer avec les pieds.
M. Bach voulait que certains tuyaux jouent à
certains moments. Alors il a donné ses instructions :
« D’abord, ce sera ……, puis ……, puis
……., puis……, et à la fin tout le monde jouera en même temps et on fera un GRAND
bruit ! Alors, tout le monde est prêt ? Attention : UN – DEUX –
TROIS !! »
Guy Bovet:
Suite pour Souvigny (1993/94)
LaSuite pour Souvigny fut commandée par l’Association Saint-Marc de
Souvigny, afin de susciter un nouveau répertoire pour le magnifique orgue de
F.-H. Cliquot sis dans l’église abbatiale de cette pittoresque ville du
Bourbonnais.
L’argument de cette suite est principalement centré sur la
vie des deux saints patrons de Souvigny, saint Mayeul et saint Odilon, au sujet
desquels de nombreuses et pittoresques légendes sont conservées. Plusieurs de
celles-ci sont décrites en musique: Le Font Saint-Mayeul raconte comment
le saint fit jaillir une source lors d’une période de grande sécheresse; La
Béquille de Saint-Mayeul évoque la miraculeuse métamorphose de ladite
béquille en un bel arbre, alors que le saint était guéri d’une maladie à la
jambe; Le Péché de Dame Ermengarde montre Saint Odilon résistant aux
appâts de la dame la convertir en un exemple de chasteté.L’auditeur assiste également à la
description de la Colonne aux monstres et à celle des gémissements des Âmes
maudites.
D’autres légendes concernent la construction miraculeuse de
l’église de Souvigny (Le Sanctuaire féerique), ou la chasse maudite d’un
jeune homme qui abat sa propre soeur, métamorphosée par sorcellerie en une
biche.
Quelques pièces utilisent des mélodies populaires du
Bourbonnais, tel ce Noël de Moulins qui termine la suite, ou la Pastourelle
qui se trouve au centre de l’oeuvre.
La Suite commence par une évocation de François-Henri
Clicquot, constructeur de l’orgue, dans le style d’un Grand Plein-Jeu français
avec double pédale.
Musicalement, la plupart des pièces s’inspirent du style
classique français avec des pièces traitées en Cromorne ou Tierce en taille,
Duo, Basse de Trompette, Récit, Fond d’orgue et Grand Jeu. Quelques-unes
toutefois sont d’un style plus impressioniste. Le langage musical a toujours
des références tonales claires et peut être compris par tous les publics.
Presque toutes les pièces sont sans pédale, et assez faciles
à jouer. Un orgue inspiré de l’orgue classique français, à trois claviers, est
idéal pour jouer cette Suite, mais moyennant un peu d’habileté, deux claviers
suffisent pour tout jouer.
La partition est accompagnée des textes de toutes les
légendes, que l’on aura avantage à lire ou à distribuer au public lors
d’exécutions de laSuite pour Souvigny.
L’oeuvre a été enregistrée à Souvigny par Thilo Muster (CD
Gallo 863/64), 31 rue de l’Ale, Lausanne/Suisse.
Grand et Petit Plein-Jeu, entremeslés de Trompettes
Evocation de M.
François-Henry Cliquot, facteur d’orgues du Roy
Le Sanctuaire féerique (sur les fluttes):(thèmes grégoriens pour la dédicace des églises Terribilis est locus iste et
Caelestis urbs Jerusalem)
La première église de Souvigny fut bâtie, selon certains, en une nuit
par des fées. D’autres légendes la font naître d’un épais brouillard, sous les
yeux stupéfaits d’une bergère égarée. Enfin, on parle du tailleur de pierres
condamné à mort, qui ne devait être exécuté que les sculptures du clocher
terminées. L’homme disparut, mais, malgré son absence, l’ouvrage prenait
mystérieusement forme durant les nuits sans lune…
Récits de Cromorne et de Tierce en Taille: Saint
Mayeul et Saint Odilon
Il s'agit ici des deux grands saints de Souvigny,
dontle monument se trouve à l'intérieur de l'église, célèbres pour leur sagesse
et leurs action charitables et miraculeuses. Saint Mayeul boitait et marchait
avec une béquille: quant à son cadet Saint Odilon, il était connu pour sa bonté
et sa grande douceur.
Le font
Saint-Mayeul (sur les petits jeux)
Les moines de Souvigny souffrant de la sécheresse, saint Mayeul faisant
une prière frappa le sol de sa béquille, et aussitôt, une source jaillit. Elle
coule encore aujourd’hui.
Pastourelle
(Voix Humaine)
« Là-bas, là-bas dans la
plaine, auprès d’un petit bois / J’entends, j’entends ma mie qui pleure
/ J’y vais, j’y vais la consoler… »
Basse
de Trompette : la béquille de saint Mayeul
Lorsque saint Mayeul se promenait sur le chemin de Maltaverne, il
s’arrêtait souvent pour se reposer sur un tertre recouvert de gazon, fichant en
terre sa béquille pendant qu’il se livrait à de pieuses méditations. Un jour,
s’étant reposé, il se leva frais et dispos et oublia sa béquille. Celle-ci
avait pris racine et formé un splendide ormeau, déployant son vert feuillage…
Duo
sur les tierces: le péché de dame Ermengarde
Ne sera oublié que, saint Odilon preschant en ce
pays du Bourbonnais, le Diable par ses tentations troubla tellement le jugement
de dame Ermengarde, fille de Herbert de Sully, que celle-ci osa dire sans rien
craindre au sainct homme qu’elle désirait dormir avec luy. La comtesse l’ayant
invité à souper, il y alla ; le souper fini et le lit étant bien préparé
et orné, saint Odilon dit à la comtesse : « Tu as, ô femme, pris
grand’peine à préparer ta couche ; prends-y seule ton repos », et sur
l’heure se jeta sur le grand feu embrasé en disant : « Voicy le lit
que je me suis préparé ». Et, étendu de tout son long sur ce brasier, il
fut miraculeusement préservé en sa personne et en ses vêtements, qui furent
conservés en leur entier. La pauvre pécheresse eut un tel regret de son
forfait, qu’elle servit le reste de ses jours de miroir exemplaire de chasteté,
et donna à saint Mayeul et à son abbaye de Souvigny la terre de Saint-Maurice
et la chapelle de Sainte-Marie de la Faye. (Dom
Sébastien Mercaille, « Les Antiquités du Prieuré de Souvigny »)
Récit:
Blanche biche
« Je suis fille le jour et la nuit blanche
biche / Il y a mon frère Jean qui s’y plaît à la chasse / Arrête petit Jean, ne vas plus à la chasse ; le
fils du Roy a dit, oh, qu’il te ferait pendre.
Au bout de cinq à six jours, Jean retourne à la
chasse (…)
Hélà, maman, hélà, grands préparatifs, nous allons
faire un repas tout comme un apprêt de noces / Voilà tous mes enfants là –
excepté ma pauvre biche / Oh si, maman, oh si, c’est moi qui fais la cuisine
/ Je m’en vas au Paradis,
adieu, mère chérie, j’y prierai Dieu pour toi / N’y a que mon frère Jean – le laisserai sans
souvenance… »
Fond
d'orgue: les âmes maudites et la fête de la Toussaint(thème grégorien de la
Toussaint : Gaudeamus omnes in
Domino)
Un soir, Odilon, accompagné d’un vieux serviteur, passait près du
cimetière. Le vent, soufflant dans les grands bois, faisait un bruit sinistre
qui paraissait coupé de cris, de plaintes et de gémissements. Odilon s’aperçut
que son compagnon tremblait et lui demanda la cause de son émoi. – Hélas !
mon Père, répondit celui-ci, ne savez-vous pas que les cris que nous entendons
sont ceux des âmes en peine de ceux qui sont morts sans confession ou qui
n’ayant pas été ensevelis en terre bénie, ne peuvent entrer en Paradis ? –
Mon ami, dit le bon abbé, je crois que les bruits que tu entends sont simplement
ceux du vent qui souffle dans les arbres. Mais il est certain que bien des âmes
en peine ont besoin de prières, et qu’en ce jour, il serait bon de demander à
tous les saints d’intercéder en leur faveur auprès du Dieu tout-puissant. Et
aussitôt il enjoignit à tous ceux de l’obédience de Cluny, de célébrer
l’anniversaire des morts le lendemain de la Toussaint. Bientôt après, sur la
demande d’Odilon, le pape Gerbert étendit cette coutume à toute la Chrétienté.
La
colonne aux monstres et le tombeau miraculeux(thème grégorien Lucis creator optime)
L’église de Souvigny donne abri à divers monuments,
dont une mystérieuse colonne tronquée et mutilée, ornée de sculptures de
monstres effrayants et démons, qui nous rappellent notre pauvre condition
humaine, soumise aux forces du Mal ; il y a aussi le tombeau érigé pour
saint Mayeul et saint Odilon, aux alentours immédiats duquel se sont produits,
dès sa construction et grâce à l’intercession constante des deux saints, nombre
de miracles merveilleux.
Noël
de Moulins
En cette nuit / où Jésus prit naissance / allons
bien vitement lui rendre obéissance / Il est / il est / entre le bœuf et l’âne / tremblant
de froid / tremblant de froid